Rétrospective d’une odyssée artistique signée Cultiv’Actions

Il y avait dans l’air de l’atrium de la Bibliothèque Universitaire Droit et Lettres, ce lundi soir, un parfum de satisfaction partagée et de créativité accomplie. Entre les murs familiers de l’Université Bordeaux Montaigne, le vernissage de l’exposition Mouvements a marqué l’aboutissement d’un périple sensoriel entamé en mars dernier. Pour l’association Cultiv’Actions, à l’initiative de cet événement, l’enjeu était de taille : transformer ces espaces où circulent habituellement des savoirs théoriques en un véritable laboratoire vivant où l’impulsion des corps devient le premier vecteur de création.

Crédit photo : Eulalie Carrié

L’art de se mettre en mouvement

Tout a commencé entre le 16 et le 22 mars. Tandis que les amphithéâtres suivaient leur rythme habituel, une série d’ateliers se tenait au cœur de l’université. Danse, yoga, langue des signes, théâtre et improvisation ont marqué le premier temps de l’événement, telle une injonction à habiter son corps différemment. Il ne s’agissait pas seulement d’apprendre une technique mais de faire du mouvement un véritable langage. Dans l’intimité de ces séances, la barrière entre participant·es et pratique s’est effacée, laissant place à une expression pure.

Le trait comme prolongement

Le langage du corps, par nature éphémère, a trouvé son prolongement naturel dans les arts graphiques. C’est ici que s’opère la porosité des disciplines. Cultiv’Actions a conçu ces ateliers comme des espaces de rencontre hybrides, où le mouvement dialogue avec l’œil des plasticien·nes. De cet échange naît une véritable co-création : ce n’est plus une performance isolée, mais un transfert de flux où l’énergie du geste nourrit la main qui dessine.

Crédit photo : Meg David

Dans cette démarche, plusieurs artistes (amateur·ices ou confirmé·es) ont été invité·es à s’imprégner de l’instant. Posté·es en observateur·ices sensibles, iels ont cherché à ancrer leur propre interprétation pour que le trait puisse, in fine, prolonger l’élan du·de la performeur·euse. En traduisant ou en répondant au mouvement par le graphisme, iels fixent sur le papier ce qui n’était jusqu’alors qu’un souffle, créant ainsi une mémoire commune au croisement des arts.

Du plateau à l’Atrium

L’exposition, inaugurée à 18h ce lundi 20 avril, propose un retour en images sur les ateliers du mois de mars. Ce que les visiteur·euses peuvent contempler aujourd’hui au rez-de-chaussée de la bibliothèque n’est pas une simple restitution : c’est la trace indélébile d’une seconde telle que les artistes l’ont éprouvée, la cristallisation d’un geste interprété ou d’un son entendu. Les artistes nous prêtent leurs yeux pour cette transcription en photographies, illustrations, croquis ou peintures. En passant du plateau aux murs de la bibliothèque, l’art revendique sa place, les corps s’expriment, refusent l’immobilisme et rassemblent.

Crédit photo : Meg David

Une passerelle par le geste

L’exposition Mouvements est visitable jusqu’au 30 avril. Cette initiative rappelle que la création est avant tout un terrain d’échange, un espace ouvert où l’ambition de Cultiv’Actions prend corps : celle d’un partage décomplexé, où les frontières entre les disciplines s’effacent le temps d’une pratique commune. Qu’il s’agisse de danse, de yoga, de l’apprentissage d’une langue ou de dessin, ce projet démontre que l’art n’est pas une catégorie figée, mais un ensemble de pratiques vivantes. Ces expériences sont des récits, des souffles que chacun·e peut s’approprier et traduire. Dans cette optique, l’art devient un langage transversal qui ne demande aucun prérequis technique pour exister, prouvant que les domaines artistiques et les cultures personnelles se croisent sans cesse. Ici, la pratique ne cherche pas la performance, mais la rencontre : une démarche qui, par-dessus tout, cherche à réunir les solitudes et à décloisonner les regards.

Article rédigé par Sasha Girardin

Cts Eulalie Carrié

Publié le 21 avril 2026

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