Dimanche 1er mars, plus de 35 000 personnes ont envahi les rues de Bordeaux pour célébrer la 30e édition du Carnaval des Deux Rives. 30 ans après sa création, cet événement demeure une institution locale incontournable, moment de bascule entre l’hiver et le renouveau printanier. Sous un ciel dégagé, le cortège a déployé un spectacle foisonnant, confirmant la vitalité créative d’une fête populaire devenue emblématique.

@ Lilas Farré
Un thème porteur : « Fleuves et mer »
Cette année, le carnaval se plaçait sous le thème évocateur de « Fleuves et mer ». Au-delà de sa dimension purement esthétique, ce choix thématique a une portée plus profonde : il célèbre les ressources aquatiques qui ont construit Bordeaux, tout en rappelant subtilement leur fragilité dans un contexte de crise climatique. Créatures marines aux couleurs éclatantes, références aquatiques, maquillages en dégradés bleus et verts ont ponctué la parade. Le point fort visuel restait cet impressionnant kraken aux tentacules métalliques qui flottait majestueusement au-dessus de la foule — une image surréaliste qui a marqué les esprits.
Élancé à 14h30 depuis la Porte de Bourgogne, le cortège a remonté le cours Victor Hugo, traversant la rue de Cursol et la rue du Maréchal-Joffre, avant d’aboutir place Pey-Berland pour un bal maritime haut en couleurs. Près d’une quinzaine de groupes de danse ont participé à cette édition anniversaire, chacun apportant sa propre signature.

@ Lilas Farré
Un événement construit collectivement au succès en hausse
Ce que le spectaculaire des parades cache souvent, c’est le travail invisible en amont. Des centaines de participant.es se sont mobilisé.es durant les semaines qui ont précédé le carnaval dans des ateliers de fabrication de chars, de costumes et d’accessoires. Créé il y a trois décennies comme trait d’union entre rive droite et rive gauche, le Carnaval des Deux Rives dépasse largement cette fonction initiale. Il est devenu un révélateur de la vitalité créative de Bordeaux, un moment où la ville se réinvente chaque année autour d’une thématique nouvelle. Cette durée tient sans doute à plusieurs facteurs. D’abord, la flexibilité :
le carnaval n’est pas figé dans une esthétique immuable, il se réinvente chaque année par son thème. Ensuite, l’inclusivité : contrairement à certaines fêtes locales à l’atmosphère cloisonnée, le Carnaval des Deux Rives accueille tous les publics sans barrière d’accès. Enfin, son ancrage populaire : c’est une fête des habitant.es, pas une attraction pour touristes.
Trente ans après sa création, le Carnaval des Deux Rives a gagné sa place au cœur du calendrier bordelais. Cette édition 2026 n’aura fait que le confirmer : quand la rue s’empare de la fête, quand les générations dansent ensemble, quand l’imaginaire collectif reprend ses droits, une ville entière se reconnaît.
Article écrit par : Lilas FARRÉ

