A Game of You, by you !

Dès le titre, nous sommes interpellés, mais en tant que qui : spectateur, acteur ou bien nous-mêmes ?

Une déconstruction de mes sens, voilà ce qui m’interloque dans cette disposition.

À game of you est un dispositif tout à fait inhabituel : penser du théâtre sans public, voilà un moyen qui attire l‘attention. La pièce s’adresse à un spectateur à la fois, et ce, sur rendez-vous toutes les trente minutes. C’est donc au travers d’un labyrinthe composé de 6 pièces que l’on se rencontre.

Je suis arrivée avec mes idées, mes repères, mes codes. Ce théâtre oblige une redéfinition et une adaptation pour une réelle découverte. J’ai donc décidé de les oublier en l’espace de 30 minutes.

Un premier lieu, tout est rouge, j’entends une profusion de voix qui danse en désaccord, elles ne sont pas différenciables, je vois mon reflet. Un malaise s’installe, que faire ? Aucun repère, je ne sais pas où je suis, je n’ai pas mon téléphone, je suis démunie. Un bloc note : écrire ? Mais quoi ?

Alors je me regarde. Nous ne prenons jamais le temps de nous regarder, de faire face à notre reflet, à ce que nous sommes. C’est ce que propose À Game of You, pièce/performance réalisée par la compagnie belge Ontroerend et présentée au  lors du festival Novart 2015.

Une confrontation à soi, puis une confrontation à l’autre : je ne comprends pas, je m’interroge, je dois inventer une vie. Étrange… Mais comment l’inventer ? Mes idées préconçues se mettent en place, je juge par le regard, la voix, le vêtement, face à l’autre qui m’est inconnu. Qu’est-ce que la première impression ? Qui est réellement cette personne ? Mais finalement, qui suis-je au milieu de toute cette masse ? Et puis, sommes-nous interchangeables ? Le visible devient invisible, tout comme mon intimité cachée et ce que je veux bien montrer à l’autre, l’apparence.  Me voilà alors privée de ma vue, or c’est ce dont j’ai le plus besoin : la vue est ce qui permet de se repérer, de savoir à qui on s’adresse, de savoir où nous sommes. Sans celle-ci, mon monde n’est plus le même et se déconstruit, et là il faut s’ouvrir aux autres sens, les utiliser et les écouter.

En restant terre à terre je n’aurais pas vécu cette expérience de la même façon, écouter la raison trop longtemps, rester fermé, renfrogné, calfeutré, met une barrière et empêche de la vivre.

Une mise en place ingénieuse, une qualité des acteurs, du son, de l’image, de la technique, mais surtout une magie de la découverte. Il y a peu de lieux où nous pouvons nous inventer une nouvelle vie, mais ici vous le pourrez.

Article écrit par M.B.

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