En octobre dernier, les étudiant·es du Master IPCI ont eu l’opportunité de rencontrer les comédien·nes de la pièce Avignon, une école mise en scène par Fanny de Chaillé, ainsi qu’une membre de la production. Retour sur la rencontre avec les ancien·nes élèves de La Manufacture de Lausanne.
« Nous appréhendions un peu toutes et tous l’idée de se retrouver, un an après, pour rejouer cette pièce qui a été une riche aventure ayant marqué la fin de trois années intenses ».
De La Manufacture au TNBA en passant par le festival d’Avignon : d’apprenti·es à comédien·nes.
Avec cette fresque sensible et vivante, Fanny de Chaillé s’amuse librement à raconter l’histoire du festival d’Avignon, de sa création à aujourd’hui. Portée par de jeunes comédien·nes très récemment diplômé·es de La Manufacture – Haute École des arts de la scène de Lausanne, Avignon, une école a conquis les spectateur·rices. La rédaction est allée à la rencontre de cette jeunesse engagée et tributaire de l’héritage avignonnais. « La pièce devait être notre spectacle de sortie d’école, rien ne laissait présager qu’elle serait jouée lors de la 78ème édition du festival ». C’est sans doute l’une des grandes spécificités de cette production, initialement scolaire ; se retrouver au festival d’Avignon a pu en surprendre plus d’un·e. Pour elles et eux, cela représente de beaux souvenirs, de la fatigue et l’aboutissement de trois années intenses. Qui aurait cru être la cible de fientes de pigeons pendant une représentation au Cloître des Célestins ? Certainement pas la troupe. Qui aurait cru que la pièce se retrouverait un an après au TNBA ? Certainement pas la troupe. Marquant le passage d’étudiant·es à professionnel·les, cette pièce a été l’apogée de leur « voyage initiatique ». Ce sont désormais des comédien·nes aguerri·es que vous pouvez d’ores et déjà retrouver sur des scènes européennes de renom.
De la recherche archivistique à la création artistique.
« Fanny a insisté pour que nous prenions part au processus de création, pour que nous partions à la découverte d’Avignon ». Comme nous l’ont conté Elisa Oliveira et ses ancien·nes camarades, la recherche d’archives leur a permis de s’approprier le festival et ses éditions marquantes. Consulter ces centaines, voire ces milliers d’heures de captation n’a pas été une mince affaire. Essentiellement basée sur des archives du festival IN (l’ « officiel », opposé au festival OFF), la pièce a toutefois été critiquée par certain·es pour son angle d’attaque. Pourquoi se baser uniquement sur des archives du IN, représentant 120 000 spectateur·rices, alors que le festival OFF en rassemble 1,7 millions ? Peut-être que sans le IN, le OFF n’existerait pas. Retourner à l’essence d’Avignon permet de s’en imprégner et de mieux appréhender la nécessité d’un festival alternatif. « Ce que l’on pourrait reprocher à la mise en scène, c’est son côté excluant » déplorent les comédien·nes. En passant par la danse, par la mise en scène d’une émission du Masque et la Plume ou par Le Soulier de satin d’Antoine Vitez, il est vrai que certains extraits restent difficiles à appréhender ou à recontextualiser. Toutefois, l’ensemble est brillant, dynamique et réussi. Peu importe que le ou la spectateur·rice ne connaisse pas le scandale de Paradise Now du Living Theatre, la mise en scène parle d’elle-même et offre une immersion totale et efficace dans ce scandale avignonnais de l’après Mai 68. Telle était l’essence du projet Avignon, une école porté par les élèves de La Manufacture.

Crédit photo : Marc Domage
Un texte d’Aymeric Vergez

