Après une représentation remarquée au Centquatre à Paris, c’est au tnba que s’est tenu Au nom du ciel de Yuval Rozman du 21 au 24 janvier 2026. Dernier volet de Quadrilogie de ma Terre, la pièce clôture un cycle dans lequel l’artiste d’origine israélienne interroge les fractures politiques, territoriales et humaines du Proche-Orient.

Chercher l’humain dans l’inhumain : tel est le but que s’est fixé Rozman. Pour ce faire, il choisit un point de vue inhabituel : celui des airs.

© Frédéric Iovino

Un regard autre : des oiseaux pour interroger l’humain

Cécile Fišera, Gaël Sall, Gaëtan Vourc’h incarnent trois oiseaux – un bulbul, une drara et un martinet noir – survolant le ciel de la Cisjordanie. L’un est originaire du Proche-Orient, l’autre est qualifiée de « colonisatrice », tandis que le dernier n’est que de passage, migrant chaque année vers l’Afrique. Un choix de protagonistes qui installe d’emblée une lecture politique du plateau, s’inscrivant dans le registre de la fable.

Du haut de leur nid, les oiseaux enquêtent sur un fait réel : l’assassinat d’Iyad Al-Hallaq, jeune palestinien autiste de 32 ans par la police israélienne en 2020. En adoptant une forme de distance – géographie, narrative et symbolique – la pièce cherche à « prendre de la hauteur » sur un conflit saturé d’images, de discours et de récits. Est-ce depuis le ciel que l’on peut regarder les événements autrement, avec un recul que le sol refuse ?

Une prise de hauteur au sens littéral

Le plateau devient un espace aérien où cordes, poulies et contrepoids composent un véritable terrain d’exercice acrobatique. Les corps, vêtus des costumes aux couleurs flamboyantes de Julien Andujar, évoluent suspendus, instables, toujours en mouvement, renforçant l’impression d’un monde sans ancrage fixe.

Au nom du ciel mêle les codes de la comédie noire et de la fable contemporaine. Le plurilinguisme, le rythme de parole débridé, les adresses directes au public et l’humour radical construisent une relation frontale avec les spectateur·ices. La pièce ne cherche pas à rassurer : elle bouscule, provoque et parfois déroute. Le travail du son, particulièrement marqué vient renforcer ce déséquilibre permanent. Bruitages, voix amplifiées, ruptures rythmiques participent à une forme de mise en scène qui privilégie l’excès, la saturation et l’instabilité, à l’image de la réalité qu’elle donne à voir.

© Frédéric Iovino

Entre comédie noire et dénonciation politique

L’un des moments centraux de la pièce repose sur la reconstitution d’un procès, qui se tient dans un lieu aussi trivial qu’absurde : une boîte à kebab. Un décalage qui souligne l’aveuglement d’une justice qui prétend juger sans voir. Les témoignages des soldats se contredisent, les récits sont décousus, et les oiseaux — à la fois narrateurs et commentateurs — soulignent l’absurdité de la situation en s’en moquant.

Cette désinvolture assumée met en lumière les incohérences du discours institutionnel, mais elle divise aussi. À rire de l’absurde, la pièce frôle parfois un déséquilibre entre la gravité du sujet et la légèreté du traitement.

Naviguer du rire au politique, en passant par l’émotion, c’est un défi que s’est donné Au nom du ciel mais non sans tensions. La pièce affirme sa condamnation du gouvernement israélien et de sa politique colonialiste, tout en cherchant à comprendre la mécanique de la violence et de la déshumanisation produite par la guerre. Cependant, cette métaphore tentant de faire émerger de l’espoir au cœur de la catastrophe interroge. La volonté de simplifier par la fable, de rendre le réel visible et supportable par l’humour, peut parfois donner le sentiment d’une désinvolture excessive, au risque d’atténuer la complexité du conflit qu’elle dénonce.

Article écrit par Marine Lhommet

Publié le 3 février 2026

Mentions légales

Adresse postale :

Directeur de la publication :

Alexandre Péraud

Webmaster et conception :

Hélène Marie-Montagnac et les étudiants du Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels

Rédaction :

Les étudiants du Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels

Hébergeur :

OVH

Création :

Master IPCI avec le soutien de Médias-Cité

Ce site (www.masteripci.fr) est proposé en différents langages web pour un meilleur confort d’utilisation et un graphisme plus agréable, nous vous recommandons de recourir à des navigateurs modernes comme Internet explorer, Safari, Firefox, Google Chrome, etc…

Le Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels met en œuvre tous les moyens dont elle dispose, pour assurer une information fiable et une mise à jour fiable de ses sites internet. Toutefois, des erreurs ou omissions peuvent survenir. L’internaute devra donc s’assurer de l’exactitude des informations auprès du Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels, et signaler toutes modifications du site qu’il jugerait utile. Le Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels n’est en aucun cas responsable de l’utilisation faite de ces informations, et de tout préjudice direct ou indirect pouvant en découler.

Cookies :

Le site www.masteripci.fr peut-être amené à vous demander l’acceptation des cookies pour des besoins de statistiques et d’affichage. Un cookie est une information déposée sur votre disque dure par le serveur du site que vous visitez. Il contient plusieurs données qui sont stockées sur votre ordinateur dans un simple fichier texte auquel un serveur accède pour lire et enregistrer des informations. Certaines parties de ce site ne peuvent être fonctionnelles sans l’acceptation de cookies.

Liens hypertextes :

Les sites internet du Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels peuvent offrir des liens vers d’autres sites internet ou d’autres ressources disponibles sur Internet. Le Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels ne dispose d’aucun moyen pour contrôler les sites en connexion avec ses sites internet. Le Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels ne répond pas de la disponibilité de tels sites et sources externes, ni ne la garantit. Elle ne peut être tenue pour responsable de tout dommage, de quelque nature que ce soit, résultant du contenu de ces sites ou sources externes, et notamment des informations, produits ou services qu’ils proposent, ou de tout usage qui peut être fait de ces éléments. Les risques liés à cette utilisation incombent pleinement à l’internaute, qui doit se conformer à leurs conditions d’utilisation.

Litiges :

Les présentes conditions du site www.masteripci.fr sont régies par les lois françaises et toute contestation ou litige qui pourraient naître de l’interprétation ou de l’exécution de celles-ci seront de la compétence exclusive des tribunaux dont dépend le siège social de la société. La langue de référence, pour le règlement de contentieux éventuels, est le français.

Données personnelles :

De manière générale, vous n’êtes pas tenu de nous communiquer vos données personnelles lorsque vous visitez notre site Internet www.masteripci.fr

Cependant, ce principe comporte certaines exceptions. En effet, pour certains services proposés par notre site, vous pouvez être amenés à nous communiquer certaines données telles que : votre nom, votre fonction, le nom de votre société, votre adresse électronique, et votre numéro de téléphone. Tel est le cas lorsque vous désirez souscrire à nos services (formation, réservation de salles…). Dans tous les cas, vous pouvez refuser de fournir vos données personnelles. Dans ce cas, vous ne pourrez pas utiliser les services du site, notamment les services numériques ou recevoir les lettres d’information.

Enfin, nous pouvons collecter de manière automatique certaines informations vous concernant lors d’une simple navigation sur notre site Internet, notamment : des informations concernant l’utilisation de notre site, comme les zones que vous visitez et les services auxquels vous accédez, votre adresse IP, le type de votre navigateur, vos temps d’accès. De telles informations sont utilisées exclusivement à des fins de statistiques internes, de manière à améliorer la qualité des services qui vous sont proposés. Les bases de données sont protégées par les dispositions de la loi du 1er juillet 1998 transposant la directive 96/9 du 11 mars 1996 relative à la protection juridique des bases de données.

Les informations recueillies font l’objet d’un traitement informatique et sont destinées au secrétariat de l’établissement. En application des articles 39 et suivants de la loi du 6 janvier 1978 modifiée, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent.

Si vous souhaitez exercer ce droit et obtenir communication des informations vous concernant, veuillez vous adresser à : helene.montagnac(at)u-bordeaux-montaigne.fr