Une compagnie qui ne touche plus terre
Vous les avez peut-être découvert·es depuis votre canapé lors de la finale de La France a un incroyable talent, ou bien aperçu·es au détour d’une chorégraphie aux côtés de vos stars préférées sur TF1, voire sur un tableau pluvieux des plateaux de Miss France. Quoi qu’il en soit, difficile aujourd’hui de passer à côté de la RB Dance Company.

Fondée par Romain Rachline Borgeaud, la compagnie s’est rapidement imposée sur la scène française, et bien au-delà, grâce à une écriture chorégraphique hybride mêlant jazz urbain, claquettes et percussions.
Un mélange qui, sur le papier, pourrait sembler audacieux, mais qui sur scène devient une évidence. Et je dois l’avouer : dès les premières minutes, j’ai été conquise par cette énergie presque contagieuse, qui semble être devenue la véritable signature de la compagnie.
STORIES, un premier spectacle devenu phénomène
Créé en 2019, Stories est la première création originale de la RB Dance Company. Après plusieurs dates au Casino de Paris, le spectacle entame une tournée nationale, passe par le Théâtre Mogador et le 13e Art, avant de s’exporter à l’international. Aujourd’hui, plus de 300 000 spectateur·rices ont déjà assisté au spectacle, et ce succès ne doit rien au hasard.
C’est dans le cadre de sa dernière tournée que STORIES faisait escale au Théâtre Femina de Bordeaux, ce lundi 19 janvier. Dans la salle, qui affiche complet, le public est divers : des enfants juché·es sur des manteaux aux étudiant·es curieux·ses, en passant par des groupes d’ami·es sexagénaires venu·es passer la soirée ensemble. Mais ce qui m’a marquée, c’est le nombre de spectateur·rices déjà conquis·es. À côté de moi, une dame me glisse avoir vu STORIES une première fois… et n’avoir pas hésité une seule seconde à reprendre des billets. De quoi faire monter la pression avant même le lever de rideau.
Une histoire que l’on ressent plus qu’on ne la comprend
Entièrement dansé et narratif, STORIES nous entraîne dans les coulisses du cinéma, à travers le destin d’un jeune acteur à succès sous l’emprise d’un réalisateur autoritaire. À la suite d’un conflit, il se retrouve prisonnier du film qui les unit, brouillant les frontières entre fiction et réalité.
Pour être tout à fait honnête, je suis sortie de la salle sans avoir saisi tous les fils du scénario. Mais, étrangement, cela ne m’a pas frustrée, et cette question m’a semblé presque secondaire. STORIES ne cherche pas tant à être compris qu’à être vécu. Le spectacle se vit avant de s’analyser, laissant au public la liberté de combler les silences et de s’approprier l’histoire.

Une mécanique scénique redoutablement efficace
La scène d’ouverture donne immédiatement le ton. Dans un décor de bureaux des années 40, les claquettes résonnent, le rythme s’installe et, sans vraiment s’en rendre compte, on se laisse embarquer. Les tableaux s’enchaînent à une vitesse parfaitement maîtrisée et, très vite, cligner des yeux devient presque un luxe. La scénographie, pensée par Federica Mugnai, joue un rôle clé dans cette dynamique. Les décors, en mouvement permanent, permettent de passer d’un univers à l’autre avec fluidité, tandis que le travail de lumière, signé Alex Hardellet, vient souligner chaque ambiance avec justesse.
Les costumes, conçus par Margaux Ponsard et Janie Loriault, jouent subtilement avec les codes des années 40 tout en restant contemporains. Cet équilibre esthétique illustre parfaitement l’idée de dialogue entre les époques chère à la compagnie.
Sur scène, les dix artistes incarnent tour à tour les différents personnages avec une polyvalence déconcertante. Leur précision technique et leur performance physique impressionnent et forcent le respect, tant iels ne faiblissent jamais.

Un spectacle qui assume ses choix
Porté par une bande-son originale composée par Romain Rachline Borgeaud, STORIES se déploie sur 1h15 à un rythme soutenu. Je dois prévenir les amateur·rices de comédies musicales traditionnelles : ici, pas de musique live. Les voix et compositions sont préenregistrées, un choix assumé qui, de mon point de vue, n’a fait que renforcer le côté cinématographique du spectacle. Je suis d’ailleurs repartie avec la bande-son dans les oreilles, fraîchement ajoutée à mes playlists, volume un peu trop fort dans le tram du retour.
Au final, STORIES s’impose comme une expérience immersive, élégante et audacieuse. Un spectacle qui ne cherche pas à tout expliquer, mais qui sait, sans aucun doute, captiver.
Et maintenant ? THE RISE
Après le succès de STORIES, la RB Dance Company revient avec THE RISE, une comédie musicale annoncée comme colossale. L’action quitte le cinéma et se déroule cette fois-ci dans la Nouvelle République, où les Barbares constituent la main-d’œuvre exploitée du régime, reléguée dans des cités ouvrières souterraines. Ors, fils d’un haut fonctionnaire, est envoyé dans les bas-fonds afin de prévenir un soulèvement. Peu à peu confronté à cette réalité, il commence à remettre en question les fondements du régime, jusqu’à déclencher une révolte révélant un lourd secret lié à sa propre histoire.

Avec 35 artistes sur scène, un décor monumental et l’annonce d’une tournée dans toute la France, THE RISE promet un changement d’échelle assumé. Au regard de l’exigence artistique et de l’énergie déployées dans STORIES, difficile de ne pas être curieuse, et franchement impatiente, de découvrir cette nouvelle création.
Trailer de STORIES : https://youtu.be/dbrCRFfaaw8?si=SoOVIe-WYqPQ-44u
Trailer de THE RISE : https://youtu.be/UdFOIwFlHxc
Article écrit par : Cloé CAVAGNA
Crédits photos
1- ©RB Dance Company
2 – ©Florian Cleret
3 – ©La voix du Nord
4 – ©Stortiraparis

