Alors qu’il entame la création de son prochain spectacle solo dans lequel il explore sa relation intime à la langue occitane, le musicien, chanteur et « touche-à-tout instrumentaliste » Laurent Cavalié nous a accordé un entretien. De la langue à la musique, du territoire à la transmission, il retrace un parcours où création artistique et enjeux politiques se croisent sans jamais se confondre.
Alors qu’il entame la création de son prochain spectacle solo dans lequel il explore sa relation intime à la langue occitane, le musicien, chanteur et « touche-à-tout instrumentaliste » Laurent Cavalié nous a accordé un entretien. De la langue à la musique, du territoire à la transmission, il retrace un parcours où création artistique et enjeux politiques se croisent sans jamais se confondre.
Laurent Cavalié, Pierre Campistron
L’occitan, une langue qui parle
Quand on lui demande quel est son lien à l’occitan et comment s’est construit cet intérêt, Laurent est perplexe. Comment parler de la langue ? Une question sensible qui est au cœur de sa prochaine création : « Ce sujet de ma relation à la langue est une espèce de nœud, un truc très personnel, très intime, dans ma relation à la famille… qui fait que je suis très, très perturbé et troublé par ce sujet. »
Pourquoi écrire en occitan ? Lui-même peine à le formuler : « J’en sais foutre rien, mais c’est un truc qui s’impose à moi depuis des années ». Il peut écrire en français, il l’a déjà fait, mais « quand il s’agit de poser un regard un peu poétique sur le monde, j’ai toujours envie de le faire en occitan ». Une évidence quasi-instinctive pour dire les choses, qui peut pourtant surprendre au regard de la place marginale qu’occupe aujourd’hui l’occitan dans l’espace public.
Langue romane issue du latin, parlée sur une large partie du sud de la France, l’occitan a longtemps été une langue de création avant d’être progressivement marginalisée par les politiques linguistiques françaises. Aujourd’hui encore, malgré des centaines de milliers de locuteur.ices, elle reste souvent associée à un “patois” ou au folklore régional du passé.
Pourtant, la voix que porte Laurent résonne avec celle de millions d’autres qui, comme lui, ont grandi avec une langue sans jamais vraiment pouvoir l’habiter. C’est dans cette tension entre héritage enfoui et nécessité de réinvention que s’inscrit le parcours de Laurent Cavalié, un chemin où l’intime devient politique et la création, acte de mémoire et de résistance collective.
Dialectes et sous-dialectes de l’occitan (Sibille, 2024).
Se construire « en marge » : de la musique à la langue
Dans les années 80, alors que le CD s’impose sur le marché, les disquaires abondent de vinyles dont les prix chutent, notamment ceux de la collection OCORA et du label Chants du Monde : « c’étaient des vinyles de collectages de musiques, on va dire de musiques traditionnelles pour faire vite, même si j’ai beaucoup de problèmes avec tous ces mots, traditionnelles, historiques, populaires. Première, paysanne, primitive, je ne sais pas comment dire, mais en tout cas, voilà. ».
Ces découvertes intriguent, attirent le jeune Laurent et façonnent peu à peu son univers musical. Adolescent, il veut jouer, devenir musicien – sans se l’avouer encore complètement. Mais les modèles qu’on lui propose lui paraissent « affreux », marqués par « le culte du non-désir » qui s’incarne jusque dans la figure de « cette chanteuse qui s’appelait Desireless ».
C’était le temps des synthés DX7, des boîtes à rythme et de la New Wave, un univers dans lequel Laurent ne se retrouvait absolument pas : « ce que le punk avait laissé dans les imaginaires médiatico-aseptisés : plus que des dégaines et de la froideur ». Pour lui, « c’est la fin du monde quand on commence à confier cette chose aussi fondamentale que le rythme à des machines ».
En opposition, il découvre « des musiques pour des gens, musiques des gens, musiques pré-industrielles ; musiques d’avant l’industrie de la musique finalement ». Une énergie, une organicité qui le marquent durablement : celles de pratiques où celles.eux qui jouent restent acteur.ices de leur musique. « Le principe de la musique industrielle, c’est quand même la dépossession. On n’est plus acteur, on ne fait qu’écouter, qu’en recevoir par en haut, des trucs qui nous dégoulinent dessus et dont on n’a rien demandé. ».
La rencontre de la langue
C’est dans ce contexte de recherche musicale qu’intervient un second choc, cette fois culturel et linguistique.
Pendant sa vingtaine, alors qu’il joue exclusivement pour des spectacles, il rencontre une troupe qui fait du théâtre en occitan. Quelque chose bascule : « Je ne m’étais pas rendu compte que j’avais grandi à côté d’une langue ». Pourtant, quand ces gens parlent, il comprend tout, intimement.
Sa grand-mère, comme beaucoup d’adultes autour de lui dans ce milieu paysan, parlaient occitan entre elles.eux – mais jamais avec lui. « Quand j’étais petit, la langue me passait au-dessus de la tête ». Ce qu’il raconte, c’est un déni de culture : passer son enfance à entendre une langue qui n’est jamais nommée, tellement « fantomatique », dénigrée, qu’il n’avait même pas conscience de son existence.
Sa grand-mère est morte avec l’idée que ce qu’elle parlait n’était qu’une déformation du français. Ce fameux « patois », c’était de l’occitan. Cette honte, la vergonha, a traversé des générations entières. « Quand on te fabrique une image comme ça de la langue de tes parents, à mon avis, ça fait de gros dégâts psychologiques ».
Commence alors une quête : « retrouver la dignité de la langue méprisée ». Il plonge dans cette culture, dans l’histoire des siens et de son país, histoire qu’on ne lui avait jamais enseignée à l’école. Il apprend la langue – qu’il connaissait déjà -, et pour cela, il commence à écrire des chansons.
Son intérêt se resserre vers les musiques d’Occitanie, à travers le travail mené par Daniel Loddo (La Talvera) et de Xavier Vidal notamment, qui avaient déjà entamé ce « sauvetage de la culture » et rassemblé près de 5000 heures de matériaux, collectés dans le Tarn, l’Aveyron, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne… Ce travail restait à faire dans l’Aude. Au tournant des années 2000, il s’y attelle à son tour, menant pendant près de vingt des veillées pour recueillir récits et chants… et ainsi construire la mémoire de son país. « C’est un chemin à la fois de retrouvailles de la culture, et en même temps, j’ai découvert un chemin, une façon d’être artiste, une forme de créativité. »
Les vignes sur les pentes des Corbières et les Pyrénées à l’horizon : un paysage typiquement audois. PNR des Corbières-Fenouillèdes, aude.fr
Créer à partir de ce qui reste
Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la sauvegarde du patrimoine qui anime Laurent Cavalié, mais bel et bien la création : « Peut-être que je m’en fous un peu de ça, ou alors, à la seule condition que ça génère, pour moi et pour les gens, de la créativité, de l’inventivité, qu’elle soit musicale ou sociale d’ailleurs ».
Il trouve dans ce travail un terrain singulier : « Quelle chance que de trouver si jeune un chemin de création comme celui-là, qui consiste à la fois à écrire, à composer, et à la fois, à boucher les trous de ce qui a été détruit dans la non-transmission de la culture ». Une aire de jeu, de construction, de reconstruction et d’invention, en écrivant à partir de lambeaux, de « morceaux de culture un peu effilochés ».
Loin d’être un obstacle, cette déperdition devient une condition de liberté pour l’artiste qui trouve son propre chemin : « En Occitanie, il n’y a personne pour t’emmerder, pour te dire non, petit, ce n’est pas comme ça qu’on joue. Tu n’es globalement pas trop embêté par le poids de la tradition et tout ce que les gens peuvent mettre d’identitaire dedans ».
Créer en occitan, ce n’est donc pas reproduire un héritage figé, mais faire avec ce qui reste – et inventer à partir de là.
Laurent Cavalié, KOVisuel
Dépasser les stéréotypes
Quand on parle de musique ou de langue occitane, c’est souvent l’imaginaire collectif du folklore qui revient, marqué par une forme de repli identitaire. Une vision réductrice de ces pratiques, omettant leur richesse culturelle et leur portée artistique.
Toutefois, ces représentations tendent à évoluer. Laurent constate qu’il est aujourd’hui plus facile d’affirmer chanter en occitan, alors que cela impliquait avant d’être immédiatement enfermé dans une catégorie.
Cette image s’est en partie construite dans les années 1970 avec la Nòva Cançon, mouvement de renouveau incarné par des artistes comme Claude Martí, qui mêlaient musique et revendications politiques dans une veine proche de la protest song américaine. Une génération essentielle, qui a permis de «relever la tête» et d’éveiller les consciences, mais dans laquelle Laurent ne s’est jamais pleinement reconnu, ni musicalement ni esthétiquement.
Car pour lui, l’enjeu n’est pas seulement de porter un discours : c’est la musique elle-même qui doit être travaillée, explorée dans ses formes, ses textures, ses particularités. Il cite ainsi des figures comme Jan-Mari Carlotti et son groupe Mont-Joia, ou Rosina de Pèira, qui ont su investir pleinement le terrain musical et marquer durablement les générations suivantes.
Public assistant au concert de Claude Martí, Dany Gander-Gosse
La reconquête, de l’identité à la musique
Dans les années 1990, une nouvelle vague prolonge cette dynamique de « reconquête » : Claude Sicre et les Fabulous Trobadors, Bernard Lubat et la Compagnie Lubat de Jazzcogne, Massilia Sound System ou encore Nux Vomica, formant ensemble ce qu’on a appelé la « Linha Imaginòt ». Une période de réappropriation joyeuse qui a définitivement balayé la vergonha, cette honte de la langue.
Laurent arrive juste après : « le boulot était fait ». Sa génération peut alors se concentrer pleinement à la musique, sans avoir à porter la seule charge politique. L’acte créatif, dans toute sa dimension politique, aussi, a pu prendre le pas.
Avec le recul, il observe que eux aussi avaient « des préoccupations d’ordre politique qui ont pu nuire, à leur façon, à la musique. ». Le souci de pouvoir partager et valoriser au mieux cette musique a parfois conduit selon lui à privilégier « l’efficacité, c’est-à-dire qu’on a cherché des orchestrations pour que ces musiques-là puissent… trouver leur place. ».
Alors qu’il dirige aujourd’hui la formation professionnelle Caminaires, il s’aperçoit qu’une nouvelle écoute émerge, « vachement plus fine, très subtile, vraiment attentive aux particularités musicales. » Comme beaucoup de musiques populaires dans le monde, la musique occitane présente des particularités – dans les hauteurs, les modes, les gammes – qui n’ont jamais été théorisées. « L’Occitanie, c’est le cas, et on redécouvre tout ça aujourd’hui pour le pur plaisir musical finalement ».
La musique occitane apparaît ainsi comme un chantier ouvert, un héritage en perpétuelle redéfinition où chaque génération hérite, transforme et affine ce qui lui a été transmis.
Caminaires, Mathieu Lacout-Scaled
Chanter, transmettre, agir
Ce témoignage ouvre sur une autre dimension centrale de l’œuvre de Laurent Cavalié : le partage et la transmission. Une évidence, puisque c’est dans ce cadre que nous l’avons rencontré, il y a quelques années, lors d’une Cantade organisée dans un local associatif de Narbonne.
Un rendez-vous hebdomadaire où l’on se retrouve pour apprendre et chanter ensemble ce répertoire occitan qu’il a (re)constitué au fil des veillées. Un peu comme une chorale – mais ne lui dites surtout pas que c’en est une : « Une expérience pédagogique de transmission sans labeur pour faire en sorte que les corps chantants activent la mémoire ».
Ici, transmettre tient à un geste simple : « chercher à prendre du bon temps tout en faisant de la politique ». Une pratique collective, accessible, où le chant devient un moyen d’agir. S’il l’a créée, c’est qu’il est convaincu que « si tout le monde se sentait de partager bénévolement un peu de son temps pour transmettre un savoir-faire, ce serait le début de la révolution ».
Dans le cadre de stages ou de formations, la transmission devient un outil de travail, une manière d’affiner sa propre pratique. Pour lui, il ne s’agit jamais de transmettre pour transmettre, mais de partir de ce qui l’anime : « C’est quoi les outils que je mets en œuvre pour chanter ce qui m’habite, et comment les partager le plus clairement possible ? ».
Carnet de chants de la Cantade narbonnaise
La Mal Coiffée, une aventure collective
Cette logique de transmission de l’héritage occitan se retrouve dans une autre aventure fondamentale du parcours de Laurent Cavalié : La Mal Coiffée. Un quatuor féminin de chants polyphoniques et de percussions fondé il y a plus de vingt ans, auquel Laurent est étroitement associé depuis le début en tant qu’auteur, compositeur et arrangeur.
Dans le sillage du groupe Lo Còr de la Plana, iels ont ensemble réinvesti le répertoire traditionnel et mis en musique de nombreux poèmes et récits occitans, participant à la constitution d’un répertoire polyphonique qui s’est imposé comme une référence.
Avec 7 albums et plus de 500 concerts à leur actif, le groupe a contribué à faire émerger une manière singulière de chanter et a exercé une influence durable, notamment auprès de nombreuses femmes qui se sont, à leur tour, approprié cette pratique. Des chorales militantes aux formations professionnelles, les ensembles vocaux en occitan se sont multipliés, souvent inspirés par cette expérience. « Beaucoup de femmes continuent de se rassembler pour chanter en occitan, en polyphonie, et nous disent, au gré des rencontres, combien cela a compté pour elles », souligne Laurent.
Une aventure profondément collective, portée par un ensemble d’artistes et de technicien.nes réunies au sein de l’agence coopérative Sirventès, qui dit quelque chose de la manière dont une pratique artistique peut circuler, transformer un paysage et être réinvestie collectivement.
La Mal Coiffée, de gauche à droite : Marie Coumes, Myriam Boisserie, Laetitia Dutech et Karine Berny. Christophe Barreau
Un basculement des regards
Cette énergie et cette détermination à redonner sa place à l’occitan finissent par porter leurs fruits. Sur le plan professionnel, Laurent a le sentiment d’avoir moins à batailler et observe une évolution sensible des représentations : « Je ne sais pas ce qui relève d’une reconnaissance de mon travail, ou d’une relation de plus en plus simple à la langue et à la culture de la part des institutions et du milieu culturel ».
Son passage pendant deux ans comme compositeur associé au Théâtre+Cinéma, scène nationale du Grand Narbonne, en témoigne : « une telle reconnaissance, par une scène nationale, ce n’est jamais arrivé. Il y a quelques années, c’était quand même, je crois, impensable ». L’inscription dans la loi du respect des droits culturels participe sans doute à faire évoluer les cadres de production et de soutien à ces musiques dites « traditionnelles ».
Mais ce basculement dépasse le champ institutionnel. Laurent constate une transformation plus profonde de la réception de la musique occitane, notamment dans les milieux militants, où la question de la langue a longtemps été perçue comme secondaire, voire suspecte : « Pendant 20 ans, systématiquement, on me disait »OK, c’est cool ton truc, mais c’est quand même un peu… », tu vois, communautariste ».
Désormais, ses propositions trouvent un écho plus large, à la croisée d’enjeux culturels et de luttes contemporaines : « C’est comme s’il y avait une espèce de prise de conscience que, finalement, on peut être associés à cette espèce de grande famille des peuples opprimés, qui vont des Basques aux Amérindiens. D’un coup, ce que je raconte devient légitime dans bien des endroits ».
Il cite à ce titre le spectacle N’i a pro ! (Ça suffit !) créé avec Marie Coumes, qui revient sur quinze années de lutte menée par les vigneron.nes languedocien.nes, de 1961 jusqu’à la fusillade de Montredon en 1976 : « Les gens nous l’arrachent dans tous les milieux militants, tous les mouvements d’écologie radicale. Parce que ce n’est pas qu’une histoire de lutte, c’est une histoire culturelle ».
Pour Laurent, cela marque un basculement : « à gauche en tout cas, [iels] ont longtemps été les pires ennemis de l’occitanisme ». En effet, il rappelle que les socialistes « laïcards jacobins » étaient farouchement opposés à la langue et aux Calendretas (écoles bilingues occitanes). « Les gens commencent à y voir un sens, à faire le lien entre diversité culturelle et diversité du vivant ».
Laurent Cavalié et Marie Coumes, Pierre Campistron
Nouvelle génération, retour aux sources
La création occitane contemporaine est en plein renouvellement. Une génération d’artistes, musicien.nes aguerri.es et formé.es, s’empare de cet héritage désormais largement documenté et accessible, avec une grande liberté et une réelle maîtrise. Comme le souligne Laurent : « Iels ne sont plus empêtré.es dans les questions de politique qui prégnaient […] et sont pourtant très politisé.es aussi ».
Il nuance cependant : la scène est vivante, mais elle reste peu dense au regard de l’étendue du territoire. « L’Occitanie est huit fois plus grande en superficie que la Bretagne. Si on avait la même densité de musicien.nes que le tissu breton, on serait colonisateur.ices ! », plaisante-t-il.
Depuis les années 2000, un déplacement s’opère également dans les pratiques mêmes de ces musicien.nes : là où les générations précédentes allaient chercher des influences extérieures (le folk song américain, le Brésil, le raggamuffin jamaïcain…), de plus en plus d’artistes choisissent de partir de l’intérieur, en allant chercher à la source.
Une démarche que Laurent revendique : créer « à partir du cœur de ce qui nous reste ». Dans cette perspective, sa prochaine création en solo, centrée sur sa relation intime à la langue et pour laquelle il conçoit des percussions entièrement organiques, s’inscrit comme une étape supplémentaire : non pas revenir à une origine figée, mais continuer à creuser ce lien mouvant entre mémoire, création et expérience vécue.
Et c’est peut-être là que se joue aujourd’hui l’essentiel : moins dans la préservation d’un héritage que dans sa capacité à circuler, à se transformer et à être réinvesti par celles et ceux qui s’en emparent.
Prolonger l’écoute
Pour prolonger cet échange et parce que nous ne sommes pas avares en recommandations, voici une humble sélection de cette nouvelle scène qui continue à redéfinir les contours de l’identité et de la création occitanes.
Sur la scène musicale, on peut citer le duo Cocanha qui sortira son nouvel album Flame Folclòre en 2026, ou le groupe de transe-rock Feràmia. Dans le champ audiovisuel, le collectif Dètz et l’un de ses co-fondateurs Amic Bedel participent aussi à ce mouvement, notamment à travers la réalisation de la première série télévisée en langue occitane, La Seria, diffusée sur France TV en avril 2023. Même dans le drag, on peut retrouver la délicieuse reine La Croustade. De quoi mesurer, loin des clichés, la vitalité d’une culture qui n’a pas fini de se réinventer.
Un article de Mélodie Laroche
Entretien réalisé le 23 mars 2026
Ressources complémentaires :
Cariou, Mathilde & Kieffer, Aurélie. (Février 2026). L’école peut-elle sauver les langues régionales ? [Série de podcasts]. Grand Reportage, France Culture. 25min. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-l-ecole-peut-elle-sauver-les-langues-regionales?at_campaign=Facebook&at_medium=Social_media
Kheladi, Sara. (2024) Le futur de la pop française est-il en Occitanie ? [Reportage]. Tracks, ARTE. Durée : 19min18. https://www.youtube.com/watch?v=xikn-7h8RLY
Sur la révolte des viticulteur.ices des années 60 à 76 :
Bonnet, Sylvie. (1er mars 2016). Montredon 1976 : l’affrontement sanglant toujours dans les mémoires audoises. France 3 Occitanie.
Bulot, Jean. (1er avril 2024). Montredon 1976 : La guerre du vin [Podcast]. Affaires sensibles, France Inter. Durée : 58min.
Cavalié, Laurent & Coumes, Marie. (2023). N’I A PRO! – EPK [Dossier de presse électronique]. Sirventés, Cultura de Primièra necessitat. Durée : 4min12.
https://www.youtube.com/watch?v=Is-zNGLbB6A
Champetier, Patrice. (4 mars 1976). Les manifestations de Montredon en 1976 [Reportage télévisé]. Journal de 20H, Antenne 2. Durée : 4min11.
Le Corre, Sébastien. (2016). 1976, la guerre du vin : Quand les viticulteurs ont fait parler la poudre [Documentaire]. Les Films d’Ici. Durée : 52min.
https://www.youtube.com/watch?v=npG4LENqpk0
Groupe de Réalisation « Front Paysan ». (1976). N’i a pro [Film]. Restauration à partir du film 16mm numérisé en 2013 par Patrice Besnard (Labo VAO). Durée : 68min.
https://www.archives-video.univ-paris8.fr/video.php?recordID=142
Notes de bas de pages :
1. Pour une brève histoire de l’occitan, voir Obermann, Nikola & Cazentre, Stéphanie. (2022). La langue d’Oc. Karambolage, ARTE. Durée : 11min. https://www.youtube.com/watch?v=TIyORhFgcMI&t=1s
2. La collection de musiques traditionnelles de Radio France a été créée en 1959 sous l’égide de l’Office de Coopération Radiophonique (OCORA) dont elle a conservé l’acronyme. Réalisée sous l’autorité d’ethnomusicologues, elle se consacre aux musiques de tradition orale savantes et populaires des cultures du monde. Ce patrimoine unique et irremplaçable est disponible en écoute et en téléchargement sur https://www.cezamemusic.com/ocora-label-121600.html
3. Les catalogues Chant du Monde sont le fruit du partenariat entre le label Le Chant du Monde, le CNRS et le Musée de l’Homme. L’ensemble de ce corpus, enregistré de 1946 à 1987, est disponible sur les archives du CNRS : https://archives.crem-cnrs.fr/archives/corpus/CNRSMH_Editions_002/
4. Lo Bramàs : un travail de collectage de la mémoire chantée dans l’Aude et les territoires limitrophes par Laurent Cavalié. https://www.occitanica.eu/items/show/21688 et https://www.sirventes.com/action-3-lo-bram-s.html
5. Traïni, Christophe. (2006). 2. L’anticentralisme multiculturel de la Ligne Imaginòt. In L. Mathieu & J. Balasinski (éds.), Art et contestation. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi-org.ezproxy.u-bordeaux-montaigne.fr/10.4000/books.pur.12459
6. Caminaires (« ceux qui cheminent ») est un programme de formation professionnelle musicale porté par la SCOP Sirventés et créé fin 2020. Il s’inspire de la formation Kreiz Breizh Akademi, créée depuis une vingtaine d’années par Erik Marchand en Bretagne. La formation s’appuie sur les éléments d’interprétation des musiques modales (échelles, rythmes, variations…) à partir d’un répertoire de musique de tradition populaire des pays occitans. https://www.sirventes.com/caminaires.html
7. Liot, Françoise. (2018) Droits culturels : Vers une nouvelle définition des politiques publiques de la culture ?. Les Cahiers de la LCD, Droits culturels et lutte contre les discriminations, Hors-série, n°1, pp.52-61. ⟨10.3917/clcd.hs01.0052⟩ (lien externe). ⟨halshs-01726210⟩ .
8. Le Comité Régional d’Action Viticole (CRAV) émerge en 1961 dans le Languedoc en réaction à la crise viticole : effondrement des prix, baisse de la consommation de vin et concurrence accrue des vins importés favorisée par la libéralisation du marché européen. Face à l’inaction des pouvoirs publics, les vigneron.nes multiplient les actions radicales (blocages, destructions de cuves…) et affirment « Vòlem viure al país » (« Nous voulons vivre au pays »). Le 4 mars 1976 à Montredon-des-Corbières, la mobilisation tourne au drame : une fusillade avec les CRS fait deux morts (un vigneron et un commandant) et une vingtaine de blessé.es. Cet événement marque la fin de quinze années de luttes intenses. Le spectacle N’i a pro ! s’appuie sur des témoignages d’ancien.nes militant.es et des poèmes occitans de l’époque pour en restituer la mémoire. Pour approfondir, voir les ressources complémentaires en fin d’article.
9. COCANHA – Diuré samsir (Vidèo Oficiala) https://www.youtube.com/watch?v=4ZjLWkvQJ6U
10. Feràmia – Sèt Fonts (Clip) https://www.youtube.com/watch?v=lN382uvQmzw
11. Collectif Dètz : https://detz.fr/
12. LA SERIA – TEASER : https://www.youtube.com/watch?v=nn-v-c24SSo&list=PLjk_2UG-CeKaEURDBRyTxfzMpTdVUQ8Fu&index=1
Esplanade des Antilles
33607 Pessac
Alexandre Péraud
Hélène Marie-Montagnac et les étudiants du Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels
Les étudiants du Master Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels
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