Tombée dans l’antre de Novart

Une voiture qui tombe et c’est la norme et la banalité qui s’effondrent. 

Nous entraînant ainsi dans sa chute vers un univers déluré et intriguant. Ce mystérieux QG du Festival Novart a réuni  durant le mois d’octobre artistes, bénévoles, public … et autre bizarreries.

Dès l’entrée, une famille de chats nous accueille et ils pourraient en attendrir plus d’un, si seulement ils n’étaient pas figés – sous leur cloche de verre – le regard funeste. Devant l’abondance de ces animaux empaillés les avis divergent : dégoûtés, amusés, offusqués mais ne laissent pas indifférents. Un rictus se dessine alors sur mon visage et je m’imagine que ces fantômes velus sont venu hanter l’ancien marché de Victor-Hugo, dans lequel bon nombre de leur compères avaient finis sous le couteau du boucher. Une odeur tenace flotte encore dans l’air.

Les bordelais, habitués aux environnements familiers se sentent ici déconcertés. Est-ce un bar, une galerie, une nouvelle salle de concert ? Des gens s’agitent, dansent et pourtant il n’y a aucune musique, je découvre alors la boite de nuit silencieuse, un concept qui peut laisser retissant. En ce début de soirée, les visiteurs, encore peu nombreux, restent sur leur garde. Qui sait ce qui se cache derrière le rideau de velours du Cabinet de Curiosités : « Mais rentrez donc, vous verrez ! », me suggère un homme en habits d’une autre époque. Et oui, le lieu n’a rien à cacher à ses hôtes, c’est tout le contraire. Une meurtrière par-ci, par-là, vous invite au voyeurisme et vous plonge dans les dessous du Freak Show.

Une fois rejoint la horde des « casqués », je rentre dans leur univers parallèle et je fais à mon tour partie du décor. La Gascogna ambrée commence à faire effet et je me laisse déambuler au rythmes de la musique. Dans les allés, les papilles s’exaltent devant la diversité des mets et les langues se délient près du bar à champagne. Encore une coupe et je risque de sombrer dans leur folie, à me faire crêper le chignon par un coiffeur excentrique ou finir sous l’aiguille de la « Buse » qui m’aurait laissé une trace indélébile de mon passage ici.

Dehors, les passants jettent un œil inquisiteur sans oser franchir les portes. Est-ce Mademoiselle Mathilde, maîtresse des lieux, avec son allure patibulaire qui les fait fuir ? Ou craignent-ils de tenter l’expérience par peur d’y prendre goût…

 

Article écrit par Katia Svetozarova

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