Timon/Titus : deux heures de voyage à couper le souffle !

Crédit photo : Mathieu Gervaise

A l’occasion de leur dernière date dans la région bordelaise, le collectif OS’O nous invite à la M270 à Floirac pour découvrir Timon/Titus, création primée deux fois au Festival Impatience 2015. David Czesienski, met en scène deux œuvres de Shakespeare, Titus Andronicus et Timon d’Athènes, au regard de l’ouvrage « Dette 5000 ans d’histoire » de David Graeber.

Dès mes premiers pas dans la salle, je fais face à une scène déstabilisante : des corps allongés dans des flaques de sang, un visage laissant suinter une épaisse salive blanche ou encore un homme crucifié… Arrive le comédien qui s’adresse à nous, premiers rires dans la salle, et non loin d’être les derniers : « Nous avions envie de plonger dans le grand répertoire, Shakeapeare entre autres mais tant « Titus Andronicus » que « Timon d’Athènes » ça ferait bout à bout près de cinq heures de scène. Trop long.… donc nous avons coupé ».

Et c’est parti sur un rythme drôle et déroutant où se mêle débat politique et manège familial. C’est tantôt l’histoire de ces quatre enfants qui se réunissent pour ouvrir le testament de leur défunt père dans le château familial, perturbés par l’arrivée d’un fils et d’une fille cachés. Tantôt une conférence sur la dette où s’en suit tours de table et rebondissements sur un jeu de lumière frénétique. Au travers de cette famille en crise, les acteurs revivent et meurent de nouveau (oui c’est bien possible au théâtre) au service d’une recherche sur la dette, financière ou morale. Quel est le rôle de l’argent dans la société ? Et finalement, quelle place l’humain a-t-il au cœur de tout ça ?

Cette tragi-comédie met un joli foutoir sur scène et dans mon esprit, je trouve ça tout simplement exceptionnel. Quelle énergie ! Quelle parfaite harmonie des codes Shakespeariens rattachés à notre monde contemporain ! De quoi réconcilier toute personne avec le théâtre et par la même occasion voir jouer de très bons comédiens avec une mise en scène énergique et esthétique.

Article écrit par Maëlle Perry

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