La mort des festivals associatifs

Le géant de l’industrie culturelle français Vivendi continue sa croisade des festivals. Après “Les Déferlantes” à Argelès et le “Brive Festival” à Brive-la-Gaillarde, c’est au tour du festival Garorock situé à Marmande de se faire acheter.

Le festival Garorock, basé à Marmande dans le Lot-et-Garonne, était dans le collimateur d’Olympia production depuis déjà quelques temps. La multinationale est parvenue à ses fins en octobre en devenant actionnaire à 100 % du festival. « Jusqu’à présent, le capital de Garorock était détenu dans la SAS Margaux par plusieurs actionnaires dont moi, qui détenait 30 % des parts. Aujourd’hui Olympia production est actionnaire à 100 % de l’évènement »[1] a expliqué Ludovic Larbodie, directeur et créateur du festival.

L’idée de ce partenariat est de développer le festival, aujourd’hui un événement comme celui-ci représente un enjeu économique colossal. « Le budget de Garorock c’est entre 8 et 10,5 millions d’euros. Il nous fallait des moyens supplémentaires pour offrir du confort supplémentaire aux campeurs [….]. Oui, on est loin de la musique, mais le développement de Garorock passe aussi par la qualité de l’accueil » témoigne Christophe Sabot, directeur général d’Olympia Production.

Mais alors, tout serait perdu d’avance ? Pas tout à fait, le Hellfest en est la preuve vivante. Organisé à Clisson, dans la région Pays de la Loire, ce festival de Métal français à renommée internationale réunit chaque année plus de 600 000 festivaliers. Ben Barbaud, président de l’association, critique son concurrent le festival Download organisé par Live Nation, une multinationale américaine de production de festivals. « On dirait qu’ils n’ont pas compris qu’un festival ce n’est pas comme un concert de Beyoncé qui peut être reproduit à l’identique partout sur la planète. Un festival, c’est une histoire, ça a une âme. Ces grosses sociétés donnent l’impression qu’elles croient qu’il suffit d’allonger les biftons pour se construire une âme mais ça ne fonctionne pas comme ça ! ».

Les associations sont tout de même soutenues par les politiques culturelles qui tendent à réguler le secteur. « Le rachat des festivals par les grands groupes internationaux a pour conséquence la hausse des cachets des artistes, que les petits festivals indépendants ne peuvent plus assumer, et ce qui entraîne des risques de captation du public, d’uniformisation de l’offre artistique », a reconnu Françoise Nyssen, ancienne ministre de la Culture.

Antoine Théry


[1] source : https://www.touslesfestivals.com/actualites/le-geant-industriel-vivendi-poursuit-sa-grande-tournee-et-rachete-le-festival-garorock-221018

Rock en Seine, crédits photo : Patrick Auffret

Webographie :

https://start.lesechos.fr/actu-entreprises/services/se-reperer-dans-la-galaxie-des-festivals-en-une-infographie-9081.php
https://www.touslesfestivals.com/
https://next.liberation.fr/musique/2018/11/16/le-concert-a-l-age-industriel_1692538?fbclid=IwAR2iTASIRLg5rCIyjg9vR1_rGfiwm_X5B12IdEei4vGvB_6DLP767kzp8SA

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