Flavien Berger à « Contre-temps »

pour un moment hors du temps

Les joues rosies par la fraîcheur de l’hiver, le sac et le billet checkés, l’heure
approche. La pinte à la main, on brave la foule avec agilité jusqu’à l’entrée de la salle, les minutes passent. On joue des coudes et des épaules pour se frayer un chemin et trouver sa place, les secondes s’accélèrent. Soudain, les lumières s’éteignent, il entre en scène.
La première note retentit, le gong a sonné, on est déjà transporté.

Vendredi 30 novembre dernier, c’est sur la scène de la Rock School Barbey que Flavien Berger est venu présenter aux Bordelais son dernier album. Voyage dans le temps, les sons et sa créativité, « Contre-temps » a transporté son public dans une autre dimension.

Trois ans après la sortie de « Léviathan », son premier album, l’artiste parisien est revenu au-devant de la scène pop française en affirmant son style. Aficionado dès le plus jeune âge, c’est sur Music 2000, sur sa playstation, qu’il monte ses premiers sons. Si sa technique de montage a bien changé depuis, il n’en reste pas moins maître de la composition. Il a produit son dernier disque chez lui, loin des studios, en-tête-à-tête avec ses idées.

Melting-pot de ses influences, « Contre-temps » est un délicat mélange de voix et de sons. De la note de piano, aux sonorités électro, en passant par les vibrantes résonances d’un violon et d’étonnants bruits du quotidien dissimulés, chaque morceau réserve une évasion auditive.

Treize titres envoûtants, ayant pour fil rouge le rapport au temps, qui passe, qui s’arrête, qui ralentit, qui s’accélère, toujours facteur de nouvelles possibilités. Il y parle d’amour, de rupture, de brutalité, de pyrotechnie. Avec sensibilité et légèreté, les douces voix s’entremêlent et s’entrechoquent.

En live, Flavien Berger fait danser les corps au rythme des sons qu’il pianote sur ses claviers. Tandis que des morceaux comme Pamplemousse ou Dyade laissent songeur et nostalgique, d’autres tels que Maddy la nuit ou Deadline affolent les rythmes cardiaques et les pas de danse effrénés. Les cheveux longs de l’artiste l’accompagnent et battent eux aussi la cadence, entretenant la symbiose avec le public.

Et soudain, les lumières se rallument. Cet instant atemporel prends fin et dévoile les joues rougies par l’ambiance ardente de la salle, le verre vide, et les mains gonflées par les applaudissements. Retour sur terre, les secondes cheminent de nouveau sur l’horloge.

Alors que Flavien Berger a su prendre son temps pour écrire « Contre-temps », nous, nous le comptons désormais avant la sortie du prochain album de la nouvelle pépite de la pop française.

Marie Jacq

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