Quand la fiction se mêle à l’Histoire au musée d’Aquitaine

Alors le colonialisme, crime contre l’humanité, oui ou non ?

Alors que la France assume encore difficilement sa responsabilité dans l’histoire coloniale, le Musée d’Aquitaine accueille actuellement l’exposition “Tromelin, l’île des esclaves oubliés”, une exposition reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture.

Retour en 1761 lorsqu’un navire de la Compagnie Française des Indes orientales s’échoue avec à son bord 150 membres de l’équipage et 160 esclaves malgaches. Certains périssent tandis que d’autres se retrouvent bloqués sur une île de l’océan Indien, une île d’un kilomètre carré balayée par les tempêtes et sans aucune végétation. Après avoir sollicité l’aide des malgaches pour construire une embarcation, les membres de l’équipage quittent l’île en assurant d’aller chercher du secours pour ceux qu’ils laissent derrière eux. Une promesse non tenue qui les condamne à survivre pendant quinze longues années sur cette île hostile.

L’exposition tente de restituer et de comprendre le déroulement des événements. Dans un premier temps elle pose le décor précis dans lequel le drame va se dérouler : le contenu du bateau, ses escales avant le naufrage, les commentaires du capitaine et autres détails qui nous plongent dans un autre temps. À l’étage, le travail des chercheurs permet de reconstituer les ingéniosités développées par les malgaches pour se nourrir, s’abriter : des individus à qui on avait nié toute humanité ayant fait preuve d’une persévérance surhumaine. Toute l’exposition est entrecoupée de planches tirées de la bande dessinée de Sylvain Savoia dont on retrouve l’oeuvre dans une troisième salle en fin de parcours. L’auteur a participé à une expédition sur l’île Tromelin et son ouvrage imagine ce qu’a pu être la vie des survivants tout en racontant le quotidien des archéologues sur leur trace.

On nous raconte une histoire, une histoire si extraordinaire et aberrante qu’on a presque du mal à y croire. Un petit crochet dans l’exposition permanente, dans la partie consacrée à l’époque moderne, est presque nécessaire pour réaliser que tout cela a bel et bien existé et qu’il est grand temps de prendre ses responsabilités passées et futures.

L’exposition est visible au Musée d’Aquitaine jusqu’au 30 avril 2017.

Tarifs : 6,50 euros (réduit 3,50 euros) avec accès aux expositions temporaires et permanentes.

Article écrit par Léa Pierre

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